Cette image déploie une figure monstrueuse dans une esthétique libre, instinctive et presque jubilatoire. Sur un fond jaune éclatant, le visage surgit par fragments : quatre formes au sommet évoquent des yeux ou des excroissances inquiétantes, tandis qu’une large bouche verte, hérissée d’un quadrillage de dents, s’impose comme le centre expressif de la composition. La masse colorée qui descend depuis le nez jusqu’au bas de l’image donne au personnage une présence étrange, comme une barbe en fusion ou une matière vivante en perpétuelle expansion.
Le traitement graphique, fait de traits rapides, de couleurs acides et de superpositions vives, inscrit l’œuvre dans un registre proche de l’art brut, du dessin spontané et de l’imaginaire enfantin détourné. Le monstre n’apparaît pas vraiment terrifiant : il oscille plutôt entre grotesque, fantaisie et énergie ludique. L’ensemble dégage une force primitive et directe, comme si la créature naissait d’un geste immédiat, sans filtre, entre humour, étrangeté et exubérance visuelle.

